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Indécemment transluciole

Indécemment translucide

L’Aborigène

Il y avait tout un tas de raisons à son départ. Il y avait tout un tas de raisons à son au revoir.

Il n’était pas en fuite. Il n’était pas malade. Il n’était pas malheureux. Il n’était pas ce que tu voyais de lui.

Il était toujours autre. Il était toujours en-dehors de ta réalité. Il était un migrateur. Il était ce que tu ne voyais pas de lui.

Quoi que tu fasses, quoi que tu dises, rien ne pouvait s’accorder. Rien ne pouvait vous accorder ensemble. Rien ne pouvait plus vous accorder ensemble.

Les regards ricochent l’un contre l’autre comme la pierre qui ne veut pas rentrer dans l’eau.

Alors, pourquoi rester ?

Et puis surtout, pourquoi partir ?

Il avait rendez-vous. Rendez-vous avec l’Aborigène. Le premier. L’originel.

C’est celui qui t’apprend à marcher. À lever un pied puis l’autre lorsque l’immobilité se creuse dans tes membres et ton ombre silencieuse. L’Aborigène, c’est le passeur. C’est le pas sûr. Le pas sur l’autre rive, le continent vierge, inexploré.

Des rendez-vous, il y en avait eu. Mais trop peu de fois il avait su saisir le temps opportun. Au temps en emporte un lapin.

Le lapin blanc passé trop vite.

Le lapin posé là et jamais là.

Le lapin qui se décide, qui se dessine trop tard. Quand l’autre, l’Aborigène, n’est plus. Éclipsé fugace dans l’inconscient.

Cet Aborigène là, on le nomme Lapeur. Cet Aborigène là, a réponse à tout, est réponse de tout.

L’aiguille du temps continue. Et l’aiguille du rail ne bouge plus. C’est Lapeur. Alors, comprends-tu pourquoi je ne peux plus être là ? Je dois partir. J’ai rendez-vous.

Et l’aiguille tourne à l’envers et le rail s’en va, droit.

Et si toi tu ne peux pas comprendre alors qui le peut ? Des lapins ?

L’Aborigène.

Coup de lumière

*Je viens ici ce soir pour partager un texte avec toi anonyme, de passage ou bien fidèle. Ce sont des mots automatiques qui me sont venus il y a deux jours alors que *j’étais dans le train. La nuit arrivait lentement, il faisait très bleu. J’étais dans une sorte de transe contemplative. Rien de ce que *je voyais n’avait de sens, *je ne sentais et ne ressentais rien. *J’avais besoin d’un silence particulier alors *j’ai posé en boucle sur mes oreilles les trois dernières pistes de l’album Songs from a world apart de Minassian et Amar. Et puis *j’ai fermé les yeux. Très vite une première image est venue danser devant eux.

Le chat gris monte sur le fauteuil. Et ma main en miroir me parle.

Il y avait des étoiles au-dessus de ma tête et tu les as chassées de ta main.
 
Tout est silencieux, tout est lent et violent. *J’ai du jaune orangé au-dedans de moi et le bleu glisse sur ma peau. *Je ne peux rien changer. *Je ne peux rien parler. *Je ne peux rien écouter.
 
Tous tes mots me blessent les yeux. *Je ne peux supporter que tu n’aies plus d’oreilles. Alors d’un coup *je perds le bruit de ma voix. *J’ai perdu le bruit de mon cœur.
 
Il y a un trou vertigineux qui aspire tout. Noir, jaune, orange.
 
Les arbres se penchent sur mon épaule. *Je voudrais me fondre en eux. *Je voudrais me dissoudre. Mon corps me gêne. Mon corps me tire.
 
*Je ne peux plus supporter. Et pourtant *je doute et supporte encore le poids de la nuit sur mes paupières.
 
*Je voudrais m’endormir dans l’herbe avec le cœur qui voit le ciel. *Je voudrais plonger dans les reflets de l’eau. Sentir le chaud et le froid détaché l’un de l’autre.
 
Tout est acide dans ma bouche et les cloches sonnent toujours au bout des rails. Elles m’appellent et *j’ai l’hiver au bout des doigts.
 
*Je passe par la maison où tu vis. Et *je me sens malade. *Je ne veux pas rester. Et alors, déjà on repart. *Je suis en train de mourir dans le vent.
 
*J’aimerais savoir rester immobile. Mais *je ne peux pas m’arrêter de marcher.

Un petit rien me paraît un trop lourd. Le voile est si léger sur mes yeux que *je crois les avoir ouverts alors que *je dors. 
 
La rivière est gelée, complètement blanche et brillante.

Enfin, la nuit tombe. Et toujours la lumière tient bon.

Insomaniaque en s’éveillant

Joyeux Noël

Et si comme moi parfois le sommeil se lasse, pour s’occuper au moins le coeur, aimez vos étoiles.

©lestoilesdujeu  Prague, Czech

©lestoilesdujeu
Prague, Czech

Toi en lévitation

Et ce gouffre

Immense

Entre nous.

Evasionne moi

*Je n’avais pas prévu, rien du tout, cet état d’être. *Je n’ai pas compris pourquoi, comment, c’était possible.

Ces instants, splendide nature, dehors, en-dehors, *je n’étais pas là, *je n’y étais pas. En-dedans, adieu profondeur et vertige. Un juste milieu
Subis.

Et là, entre moi et le monde, abysse.

Un décalage d’ardeur. Plus de pleurs, ni de couleurs.

Ni
D’émotions.

C’est le Fantôme.
Choc. Il arrive sans crier. Comme un coup au cœur, tu le remarques dans l’expérience.

Et pour me revenir,

Juste une violence

Suffit.

 

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Auteur*

lestoilesdujeu

Toi ici par hasard ou par on-dit, voici en bref ce que tu trouveras sur cette toile...

Une vie comme tant d'autres, un crayon, des sons, des images et un hommage à la vie, pour ce qu'elle donne et reprend.
L'envie de partager ces quelques bribes avec vous, inconnu ou non. L'envie de partager avec ce que *je suis aussi, pour me créer peut-être et me trouver un jour.

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